Des chercheurs américains ont trouvé une autre raison de s’inquiéter avec l’Apocephalus borealis, une mouche parasite originaire d’Amérique du Nord qui ravage elle aussi les ruches.

Celle-ci commence par pondre des œufs dans l’abdomen de l’abeille. Puis les larves éclosent et la dévorent ensuite littéralement de l’intérieur. Emergeant entre la tête et l’abdomen de l’apidé, elles peuvent être jusqu’à treize à sortir de son corps une fois morte. Fatalement, la population de l’Apocephalus borealis augmente rapidement, ce qui entraîne de profonds bouleversements dans le comportement des abeilles, lesquelles abandonnent leur ruche la nuit à la recherche de sources de lumière. « Nous avons observé que les abeilles infectées tournent en rond, sans aucun sens de l’orientation.Elles ne peuvent pas tenir sur leurs pattes, qu’elles ne cessent d’étendre pour les dégourdir avant de tomber, et agissent comme des zombies », résume Andrew Core, co-auteur d’une étude consacrée à l’impact de la mouche parasite sur les abeilles. Les chercheurs essayent maintenant de déterminer si la larve peut perturber leurs gènes réglant un rythme diurne et nocturne normal.

Pour l’instant l’Apocephalus borealis ne fait de dégâts qu’ au Dakota du sud et en Californie (Etats-Unis), où 77 % des colonies d’abeilles domestiques seraient déjà atteintes, mais selon John Hafer, professeur de biologie à l’Université d’État de San Francisco à l’origine de l’étude, elle « pourrait menacer des ruches sur l’ensemble de l’Amérique du Nord ». Les apiculteurs sont effet contraints de faire venir des ruches pour pouvoir soutenir la pollinisation des immenses cultures américaines, ce qui accroît sensiblement le risque d’une implantation nationale de la mouche parasite.

L’Apocephalus borealis pourrait aussi avoir un lien avec le microscopique champignon asiatique, lui aussi accusé de participer à la diminution des populations d’abeilles, et un virus déjà connu pour déformer leurs ailes. Rappelons que la disparition des abeilles est un phénomène qui ignore les frontières et pourrait avoir de graves conséquences pour l’alimentation humaine et pour la biodiversité. 

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